Faire ses yaourts soi-même, tout le monde sait que c’est meilleur. Mais pas à quel point. Voici 8 bonnes raisons pour complètement abandonner la consommation des yaourts industriels. 

Les yaourts maison c’est mieux parce que…

  1. Parce que les yaourts industriels sont fait avec du lait tout venant et mélangé dont on ne connaît pas la provenance, qui peut être lointaine. Les faire soi-même c’est choisir le lait que l’on veut. Je prends du lait cru entier de ferme, et ça n’a rien à voir.
  2. Parce que les yaourts industriels ne sont pas toujours des yaourts. Je m’explique : les yaourts, les vrais, sont obligatoirement fermentés avec un mélange de Streptococcus thermophilus et de Lactobacillus delbrueckii subsp. bulgaricus, et que ces ferments doivent se trouver vivants dans le produit final. Les produits au bifidus et autres bactéries, comme les actimel, activia et consorts, n’ont donc pas le droit à l’appellation yaourt. De même si les yaourts ont subi un traitement thermique ou autre, qui tue les bactéries : ce n’est plus un yaourt. D’autres préparations présentées dans des pots de yaourts, aromatisées aux fruits, avec ou sans morceaux, allégées ou non en matière grasse et en sucre, ne sont en réalité que du lait (reconstitué), sucré, aromatisé et collé à la gélatine, et en aucune façon des yaourts qui doivent avoir subi une fermentation. Vérifiez bien sur l’emballage que figure le mot « yaourt » écrit en toute lettre. Il n’y est pas ? Ce n’est pas un yaourt. Vous avez même de la chance s’il y a du lait dedans. Ça peut être un liquide reconstitué à base d’eau, de sucres et de protéines, lactose, matières grasses ou autres éléments du lait.
  3. Accessoirement, je précise aussi pour les intolérants au lactose que les yaourts, les vrais correctement fermentés, n’en contiennent pas, ou alors des traces. Si vous voulez faire des yaourts absolument sans lactose, la méthode est expliquée ICI, clic.
  4. Parce que mes yaourts ne sont pas emballés dans du plastique. Ils ne prennent pas le goût du plastique, et ma poubelle est encore moins remplie.
  5. Parce qu’avec 1 litre de lait, on obtient 1 litre de yaourt, il n’y a aucune perte, c’est donc économique.
  6. Parce que c’est bien meilleur. Cela n’a aucun rapport avec le goût des yaourts industriels. Ils  sont très doux, sans acidité, n’ont pas d’arrière-goût comme parfois ont ceux du commerce…  La saveur est riche, ample. Le yaourts à la yaourtière sont parfois acides aussi, mais pas ceux-là. Je vais vous expliquer comment les avoir fermes et onctueux, sans acidité. Je fais mes yaourts natures, ainsi j’ai le choix de les aromatiser au parfum que je veux, avec de la confiture ou de la compote, du miel, ou des coulis de fruits, C’est bien meilleur et plus sain que les yaourts industriels aux fruits qui sont bien trop riches en sucre et bien trop pauvres en fruits. Quand on aime les yaourts, c’est un régal de les faire soi-même à la maison.
  7. Parce que c’est d’une simplicité enfantine. Non on n’a pas besoin de matériel compliqué. La seule chose qu’il faut avoir c’est un thermomètre, mais on en trouve maintenant à des prix modiques. Il y a quelques mois, je les faisais sans yaourtière, avec un simple bocal en verre et un bonnet de laine. Oui, vous avez bien lu. Aujourd’hui je n’utilise plus le bonnet de laine, J’ai acquis une yaourtière ancienne qui n’est PAS électrique. C’est la même qu’avait ma mère il y a cinquante ans, avec les pots en porcelaine. Et c’est increvable.
  8. Parce que c’est rapide. Les yaourts sont prêts en 3 heures 30 top chrono. Oui vous avez bien lu encore une fois : 30 minutes de préparation (y compris le temps de refroidissement), 3 heures d’incubation.

 

Regardez cette fermeté ! C’est loin d’être liquide ou coulant. Et pourtant j’avais écrémé le lait.

On passe à la pratique ?

Le matériel :
  • 1 bocal en verre de 1 litre de contenance et 1 bonnet de laine bien épais, ou alors 1 couette, 1 couverture chaude1 contenant isotherme du type glacière de camping ou sac frigo, ou encore 1 yaourtière non électrique
  • 1 casserole
  • 1 thermomètre pour contrôler la température du lait (le thermomètre doit pouvoir monter jusqu’à 100°C)
  • 1 petit bol pour mélanger le ferment
  • 1 fouet

 

Les ingrédients :
  • 1 litre de lait entier cru de ferme de préférence, pour avoir un résultat optimal (les laits homogénéisés, qu’ils soient pasteurisés, microfiltrés et UHT donnent un résultat médiocre, le pire étant le UHT).
  • 1 dose de ferment à yaourt lyophilisé ou 3 cuil. à café de yaourt nature fait depuis moins de 6 jours
Précisions sur le ferment :

Pour démarrer la première fois, on a le choix entre utiliser un ferment en poudre ou un yaourt nature du commerce. Le ferment en poudre s’achète en pharmacie, sous la marque Yalacta. C’est une culture de bactéries pures, que vous diluerez dans un peu de lait pour les réactiver.

On trouve aussi des ferments en supermarché, sous la marque Alsa je crois, mais je me méfie un peu parce qu’ils écrivent des mensonges sur l’emballage. Ils écrivent qu’on ne peut pas les réutiliser d’une fois sur l’autre, c’est faux.  Ils écrivent aussi que les yaourts se gardent une semaine seulement au frigidaire. C’est encore un mensonge : les yaourts se gardent plus d’un mois. Justement les yaourts sont un moyen de conservation du lait à long terme, c’est pour ça qu’ils ont été développés durant la préhistoire, à une époque où les gens n’avaient pas de frigos !

On trouve également des ferments en ligne, et ceux de la boutique NAT ALI sont très bien.

Avec une seule dose de ferment, j’ai fait des centaines de yaourts

J’ai le même ferment depuis 2 ans, je fais au moins 3 fournées de yaourts par semaine.  Ils  sont toujours aussi fermes et aussi bons, d’après mes calculs on peut faire  des milliers de yaourts à partir de la même souche. On change le ferment si on part en vacances et qu’on ne peut pas faire de yaourts pendant au moins une semaine. Ou quand les yaourts deviennent plus acides et de consistance un peu gluante.

Le ferment doit toujours avoir moins de 6 jours

S’il est plus vieux, les premières fournées seront moins fermes. Il faudra 2 ou 3 fournées (de moins de 6 jours d’écart) pour que ça redevienne normal.

Si vous prenez un yaourt industriel comme ferment, encore une fois, vérifiez bien que le mot « yaourt » figure sur l’emballage. Sachez que vous ne pourrez pas ré inoculer ad vitam æternam comme avec le démarrage en ferment pur. Au bout de quelques repiquages, cela va dégénérer.

Une chose importante aussi, contrairement aux idées reçues, on ne met pas 1 yaourt entier pour ensemencer 1 litre de lait. On n’en met que la valeur de 3 CUILLÈRES À CAFÉ . Si vous en mettez plus, vos yaourts ne seront pas plus fermes, ils ne prendront pas plus vite.

Conseil : que ce soit avec le yaourt du commerce ou avec un yaourt maison, quand vous prélevez les 3 cuillères à café, ne prenez pas le dessus du yaourt qui a été en contact avec l’air, mais prélevez en profondeur. Votre ferment durera plus longtemps.

La préparation du lait :

Les modes d’emploi de yaourtières électriques préconisent d’ajouter du lait en poudre pour que les yaourts soient plus fermes. Non seulement c’est complètement inutile, mais en plus cela donne un goût au yaourt. Un goût de lait concentré, bref un goût industriel. Grand dieux, pourquoi faire ses yaourts soi-même avec du bon lait cru de ferme, si c’est pour rajouter de la poudre de lait industriel dedans !  Et de plus : les yaourts ne sont pas plus fermes avec l’ajout de lait en poudre, c’est faux, ça ne marche pas.

Si vous achetez du lait de ferme, vous pouvez le laisser entier, ou bien l’écrémer entièrement ou en partie, ainsi vous récupérerez la crème pour un autre usage. Les yaourts seront aussi fermes si le lait  cru est écrémé (ce qui n’est pas vrai avec un lait industriel écrémé, je précise). Pour écrémer le lait : laissez-le reposer pendant au moins 24 heures. la crème va remonter à la surface, et vous pourrez l’enlever avec une cuillère. On en récupère au moins 10 à 12 cl pour un litre de lait.

Versez le lait dans une casserole et portez-le à ébullition, avec le thermomètre. Quand ça arrive entre 95 et 98 °C, mettez-la casserole sur un petit feu, ça va redescendre de quelques degrés. Laissez bouillir ainsi entre 80 et 90°C durant 15-20 minutes. Mélangez de temps en temps le lait si vous voulez éviter la formation d’une peau. Le plus efficace pour empêcher la peau est de mélanger  souvent avec un fouet pour former une mousse en surface.

A quoi ça sert de chauffer le lait pendant 15 minutes ?

Le chauffage prolongé est indispensable pour dénaturer les protéines du lait, et cela rendra les yaourts plus fermes. La caséine est une protéine du lait, qui, au contact avec l’acide lactique produit par les bactéries, va se former en grappes et constituer un maillage tridimensionnel, c’est ainsi que le lait va gélifier en yaourt. Le chauffage du lait durant au moins 10 minutes à cette température au dessus de 80°C dénature la lactoglobuline, une autre protéine, qui va se joindre au maillage  au lieu de rester bêtement inactive. Et ainsi le gel sera plus ferme, plus épais. D’autre part il se produit une (très) légère évaporation qui va favoriser encore l’épaississement. 

Et si on veut des yaourts aromatisés ?

Il y a plusieurs manières d’aromatiser les yaourts. La plus simple est de mettre une cuillère de confiture ou de purée de fruits au fond des pots avant d’y verser le lait.
On peut aussi aromatiser le lait chaud avec le parfum que l’on veut, vanille, cannelle, zeste d’agrume, café, chocolat, essences de fruits. On peut encore le sucrer avec du miel, du sucre, de la vergeoise, du sirop, la seule limite est celle de votre gourmandise !

L’ensemencement :

Lorsque le lait est resté 15 minutes au dessus de 80 °C, laissez-le refroidir pour atteindre la température optimale de l’ensemencement qui est située entre 45 et 55°C. Étant donné que nous n’avons pas de yaourtière chauffante et que nous désirons un yaourt bien ferme et peu acide, nous allons ensemencer à 55 °C. Plus la température d’ensemencement est élevée, et plus les yaourts seront fermes et peu acides. Pour obtenir cette température de 55 °C après les mélanges et transvasements, il faut que le lait soit au départ à 60°C. Mais attention : en aucun cas le ferment ne doit être en contact avec du lait d’une température supérieure à 60 °C. Ce serait fatal.

Laissez donc le lait refroidir à 60°C, ce qui prend environ 10-12 minutes. Si vous êtes pressé, placez la casserole dans un bain marie d’eau froide.

Mettez dans un pichet les 3 cuillerées de yaourt, ou le ferment réactivé dans du lait froid. Versez la valeur d’un demi-verre du lait à 60 °C dans le pichet et mélangez avec un fouet. Le fait de le verser le lait à 60 dans le ferment qui est froid, et de mélanger va faire redescendre sa température. Continuez de verser le reste de lait, peu à peu, ça doit prendre environ 15 secondes.  Maintenant vous êtes à la température idéale d’ensemencement.

L’incubation:

Versez sans attendre dans les pots de la yaourtière non électrique ou dans le bocal, fermez-le et recouvrez avec le bonnet de laine. Mettez le tout à une température ambiante tiède, près d’un radiateur, ou au soleil en été. (si vous n’avez ni radiateur ni soleil, doublez le bonnet par une écharpe et des moufles —  je plaisante, une simple couverture ou un torchon plié en quatre posé dessus suffira. Si vous utilisez la yaourtière, fermez-la avec son couvercle et laissez à température ambiante.

Le fait de transvaser le lait le fait arriver à 55 °C, la température idéale pour l’incubation. Dans les deux cas, attendez 3 heures.

On ouvre : Oh ! les yaourts sont pris ! Placez ensuite le bocal, ou les yaourts  individuels au réfrigérateur.
(notez que si vous devez attendre plus de 3 heures, par exemple vous n’êtes pas chez vous, il n’y a aucun inconvénient. la seule chose c’est que la fournée aura un petit peu plus d’acidité. Une fois il m’est arrivé de les oublier toute la nuit, ils étaient très bons quand même.

 

Voici l’intérieur du bocal une fois entamé. On voit la texture bien ferme et crémeuse.

On peut aussi verser le contenu du bocal dans une passoire doublée d’une gaze et attendre quelques jours : on aura alors un « fromage » de yaourt très épais qu’on pourra mélanger avec du sel, du poivre et des fines herbes. Ou en sucré  aussi. C’est très bon, essayez !

Cette fois-là, je n’avais pas écrémé le lait. On voit que la texture est différente, crémeuse et un peu plus grumeleuse, mais tout aussi ferme.

N’oubliez pas de ne pas manger tous les yaourts, il faut en garder 3 cuillères à café  pour la prochaine fournée !

Si vous avez une yaourtière électrique, ne la jetez pas

Vous pouvez très bien faire les yaourts de cette manière.les températures seront juste un peu différentes :  ensemencez le lait à 55°C réels (c’est à dire arrêtez le lait à 57-60), puis versez dans les pots et mettez-les dans votre yaourtière. Branchez, ils seront prêts en 3 heures seulement, et non pas 7 ou 9 heures comme le dit le mode d’emploi de la yaourtière.