Le blog des aliments fermentés

Pourquoi et comment fermenter le beurre

Dans nos contrées européennes, nous consommons le beurre frais. Qu’il soit doux ou salé, dès qu’il vieillit  et commence à avoir un goût prononcé appelé à tort «rance», on le jette avec mépris. Quelle erreur ! D’ailleurs je veux réhabiliter l’idée de «rance», le «rancio» comme on dit dans le Sud, car c’est une valeur ajoutée pour la nourriture. Ça l’est effectivement en ce qui concerne le vin, alors pourquoi pas pour le  solide ? Vive le rancio !

 

Fabriqué le 27 octobre 2023 et utilisé à partir du 27 avril 2024.

 

D’autres civilisations culinaires emploient le beurre fermenté avec délice :  c’est le cas de l’Inde avec le ghee, la Mongolie avec le shar tos, le Tibet avec le beurre de yack, et l’Afrique du Nord avec le smen. La cuisine indienne sans le ghee ne serait pas ce qu’elle est, et le couscous sans le smen n’est qu’un succédané. Je vous assure que ça change tout !

Si les goûts peuvent être acquis, les dégoûts aussi. On nous a tellement rabâché que le beurre n’était plus comestible dès qu’il prenait une saveur forte, que c’est entré dans nos habitudes et il est difficile de revenir en arrière. Cependant on perd quelque chose de précieux.

Le beurre tel que vous le connaissez est un produit fermenté

C’est d’ailleurs ce qui lui donne son bon goût de beurre. En réalité c’est la crème qui est fermentée, puis on fait le beurre avec cette crème. Essayez de faire du beurre avec de la crème UHT sortie de la brique : il sera insipide.

Le smen ou le ghee, c’est autre chose : c’est le beurre terminé qu’on laisse « vieillir». On le clarifie d’abord, ou on le lave soigneusement, pour retirer toute trace de petit-lait (on ajoute dans l’eau de lavage du thym ou de l’origan pour le smen) et on le met dans un pot à l’abri de l’air et de la lumière où il entamera sa fermentation durant… six mois, un an ou encore plus.  Le plus étant le mieux. Chez les Berbères, autrefois on enterrait un pot de smen le jour de la naissance d’une fille, et on le déterrait pour assaisonner les plats cuisinés pour son mariage.

Le ghee que vous voyez sur la photo ci-dessus, n’a reposé que 6 mois avant que j’ouvre le bocal. (Je n’ai pas pu attendre un an, mais j’en ai d’autres en route qui vont passer l’année).

Cerise sur le gâteau : c’est excellent pour la santé !

La fermentation produit des acides gras à chaine courte, dont de l’acide butyrique (aussi appelé butyrate). C’est lui qui donne ce goût particulier qu’on appelle «rance» et que certains détestent. On devrait apprendre à l’aimer car ces acides gras, et spécialement le butyrate, ont des effets intéressants pour la santé. Le butyrate est aussi produit dans notre intestin à partir des fibres que nous mangeons,  par les bactéries qui s’y trouvent  (dans l’intestin). Certaines personnes le prennent en complément alimentaire, et c’est aussi utilisé comme médicament.

Il joue un rôle pour la protection du côlon dont il nourrit et entretient le mucus. Il a un effet anti-inflammatoire et anti-oxydatif. L’acide butyrique est une source d’énergie pour les cellules de notre corps, et apporte un effet protecteur contre les maladies métaboliques et l’obésité en régulant la façon dont les graisses sont métabolisées, ça veut dire que la matière grasse du beurre ne vous rendra pas gras, j’en connais pour qui c’est une bonne nouvelle. Il joue aussi un rôle bénéfique dans la synthèse du cholestérol. Il participe à la régulation de la multiplication des cellules, et aurait un effet protecteur contre le cancer du côlon. Et de plus c’est un grand soutien de notre système immunitaire : il participe à la production des lymphocytes T.  Pour en savoir plus, voici un article scientifique sur le butyrate, que vous pouvez facilement faire traduire en français par votre IA préférée.

Moyen de conservation

Au départ, c’était une manière de conserver le beurre quand on n’avait pas de frigo.  Et puis on a trouvé ça meilleur au goût, ça permettait de donner des saveurs plus fortes aux plats qu’on cuisinait avec.

D’ailleurs j’en profite pour dire que les gens civilisés ne stockent pas le beurre au frigo, sauf en été quand la température dépasse 25°C, il devient alors trop mou. Non vous ne risquerez pas de mourir dans d’atroces souffrances. Le beurre est déjà ensemencé par des bactéries lactiques, et contient peu d’eau, il n’est donc pas accessible aux micro-organismes pathogènes. et d’autant plus s’il est conservé à l’abri de l’air. Il se garde très bien, sans goût de rance, au moins pendant 3-4 semaines.  Surtout si vous avez un beurrier à eau

 

 

« Bog butter » Edward Clibborn, James O’Laverty Ulster Journal of Archaeology, Première série, Vol. 7 (1859), pp. 288-294 https://www.jstor.org/stable/20563510

Le beurre se conserve très longtemps à l’abri de l’air !

En Irlande, l’autre pays du beurre avec la Bretagne, on retrouve régulièrement du beurre enterré dans les tourbières. Ces mottes de beurre étaient dans des contenants en bois, en peau ou en écorce, de la taille d’un poing à celle l’un tonneau.  Et si la plupart datent du Moyen-Âge, certaines remontent à l’âge du bronze, 1700 avant JC.  Des découvertes similaires ont eu lieu en Ecosse et plus rarement ailleurs au Royaume Uni.

L’image ci-dessus montre à gauche un récipient en bois rempli de beurre découvert dans une tourbière au XIX° siècle. A droite, il s’agit d’une baratte creusée dans une pièce de chêne d’un seul morceau. Le couvercle, d’un seul morceau également, comportait un trou pour y passer la batte qui servait à agiter la crème pour faire le beurre. Cette baratte a également été découverte dans une tourbière. D’après l’article publié en 1859 dans le Journal d’Archéologie d’Ulster, le beurre était dur, blanc jaunâtre, et avait un goût de fromage.

La tourbière, constituée de végétaux en décomposition — on pourrait dire aussi en fermentation — est un milieu acide et complètement dépourvu oxygène et c’est la raison pour laquelle ce qui y est plongé se conserve. Vous avez sans doute entendu parler des corps naturellement momifiés des «hommes des tourbières» retrouvés dans un état de conservation parfaite depuis plus d’un millénaire.

Pour en revenir au beurre, ce « Bog butter», comme on l’appelle là-bas, est quand même une énigme : on ne sait pas s’il était enterré là pour le conserver plus longtemps, comme dans un «frigo» naturel, ou pour lui donner un autre goût, ou bien comme offrande aux dieux ou aux esprits des tourbières, le beurre ayant une grande valeur symbolique et réelle. Le beurre étant taxé durant l’époque médiévale, ce pouvait aussi être un genre d’évasion fiscale, le fait de le mettre à l’abri des contrôles. Quoi qu’il en soit, il était enterré dans l’idée de pouvoir le manger plus tard…

 

Exemples de bog butter découverts en Irlande. Credit photos :  National Museum of Ireland.

 

Et ça fonctionne !  Deux mille ans après avoir été oubliés dans la tourbière, ils étaient encore comestibles ! On en compte 430 exemplaires aujourd’hui disséminés dans les musées Irlandais et du Royaume Uni.

Savina Donohoe, conservatrice du musée de Cavan en Irlande qui a eu entre les mains la motte trouvée en 2016 et estimée à 2000 ans, (en bas à gauche de la photo ci-dessus) a déclaré lors d’une interview télévisée : « Elle sentait bien le beurre. Après que je l’ai tenue dans mes mains, mes mains sentaient le beurre. Il y avait même une odeur de beurre dans la pièce où je me trouvais».

On peut faire le rapprochement avec d’autres fermentations enterrées qui sont répandues dans le monde : le gravadlax en scandinavie, le pain de banane en Ethiopie, le formaggio di Fossa en Italie, le Grubenkraut en Autriche, la panse de renne en Finlande, et bien d’autres… Et aussi le vin en Géorgie est fermenté dans des jarres en céramique enterrées jusqu’au col . Les mangeurs de beurre en Irlande, en Écosse, aux îles Féroé, en Finlande, en Norvège, comme au Maroc, en Assam, au Cachemire, ont enterré leur beurre.

Un but gastronomique

On pense maintenant que le but n’était pas uniquement rituel ou de pure conservation, mais aussi gastronomique. Un récit d’un voyageur anglais en Irlande, Thomas Dinely datant de 1681, en contient la description suivante «Beurre, posé dans des paniers en osier, mélangé à une sorte d’ail et enterré pendant un certain temps dans une tourbière pour faire une provision d’un goût prononcé pour le Carême».

Cela suggère que l’une des raisons de l’enfouissement dans les tourbières était de produire un type spécial de beurre fabriqué pour une certaine saison de l’année. Le stockage durant un temps plus ou moins long serait nécessaire pour permettre à la saveur ajoutée de pénétrer dans la graisse et de parfumer uniformément le beurre. L’enterrement dans la tourbe assurait une protection contre la chaleur du jour et gardait le beurre aussi frais que possible, tandis que l’absence d’air et les qualités antiseptiques de la tourbe empêchaient la croissance des moisissures et des pathogènes. À tel point que le processus est reproduit aujourd’hui en Irlande par des chercheurs, mais aussi des particuliers curieux.

Et oui, je sais que la question vous taraude  depuis un moment : oui, certains des découvreurs y ont goûté puisqu’ils en ont décrit la saveur !  Ils ont trouvé du beurre de deux mille ans et ils ont osé le goûter. L’auriez-vous fait, vous ?

Lors du symposium d’Oxford en 2012, un bog butter avait été  produit pour l’occasion. Il était resté 3 mois dans la tourbe, ce qui est relativement peu. Le résultat était quelque chose d’un goût acquis, «causant du dégoût chez certains et du plaisir chez d’autres», a écrit Ben Reade qui a fabriqué ce beurre. «La graisse absorbe une quantité considérable de saveur de son environnement, gagnant des notes qui ont été décrites principalement comme « animales », ou « de gibier », « de sous-bois », « amusantes », « âcres » et « de salami »». A vous d’imaginer ce que ça peut être. Vous en aurez une petite idée si vous fermentez votre beurre.

Beurre de tourbière dégusté au Symposium d’Oxford sur l’alimentation en 2012

 

Mais rassurez-vous, nous n’allons pas fermenter notre beurre pendant deux mille ans (sauf pour donner du travail aux archéologues du futur). Et on n’a pas forcément une tourbière à proximité. Je vous propose simplement de faire du ghee, le beurre indien fermenté.

Attention, ça ne plaira pas à tout le monde

C’est un produit pour connaisseurs, pour personnes averties. Ce qu’on appelle un goût acquis. Le beurre prend un goût et une odeur de fromage. Il faut aimer les sensations fortes et ne pas s’arrêter au fait que ça ne sente pas le beurre frais. On ne s’en ferait peut-être pas une tartine sur du pain (quoique…) mais il donne toute sa splendeur pour faire la cuisine. Une merveille pour faire cuire un steak, une côte de veau, mais aussi pour poêler des épinards ou des haricots verts, et surtout pour concocter une tajine, un biryani ou un curry. On peut aussi l’essayer dans des pâtisseries, et même des fritures car il supporte de hautes températures. En effet, un autre avantage de ce beurre fermenté est qu’il a un point de fumée très élevé : il est de 252 °C. (Alors que celui du beurre est de 130°C.) Cela veut dire qu’on peut le faire chauffer pour des cuissons à température élevée, sans qu’il  noircisse.

Si vous voulez vous lancer, c’est très facile.

Il y a deux méthodes. La traditionnelle consiste à baratter du yaourt : les globules de matière grasse s’agglomèrent et on obtient du beurre. Il faut évidemment un yaourt fait avec du lait riche en matière grasse, n’essayez pas avec un yaourt du commerce.  Ce beurre obtenu est absolument délicieux. Et ce beurre, on va ensuite le clarifier puis le laisser vieillir.

Le plus simple au XXI° siècle (et qui fonctionne très bien) et d’avoir du beurre cru. Ce n’est pas facile à trouver, mais heureusement ça existe encore.

Pour un bocal de 500 ml il vous faudra 700 g de beurre environ. Coupez-le en morceaux, mettez-le dans une casserole et faites-le fondre à feu très doux. J’insiste sur le très doux. Cela va prendre du temps, et surtout il ne faut pas que le beurre brûle. Ne remuez pas le beurre durant sa fonte, ou seulement au début quand il y a encore des parties solides.

 

Faites ainsi «mijoter» le beurre une trentaine de minutes, ou plus selon la quantité. Attention, dans beaucoup de recettes de beurre clarifié, les gens vous disent qu’il faut laisser brunir les solides au fond de la casserole. C’est une erreur, cela signifie que le beurre a été trop chauffé. Le beurre ne doit surtout pas bouillir. Il faut juste le laisser chauffer plus longtemps, pour que l’eau s’évapore.

Quand il sera complètement liquide. Vous constaterez des particules blanchâtres qui remontent à la surface, comme une mousse. Attendez que la surface se couvre de cette mousse. Avec une cuillère, retirez tout ce qui surnage.  C’est la première étape.

Utilisez une cuillère que vous tordez à 90°. Cela va faciliter l’opération.

 

Ensuite, on va retirer ce qui est tombé au fond, un liquide blanc, qui est le petit-lait résiduel. Pour cela, transvasez ce beurre dans un pichet en vous arrêtant avant que le liquide blanc ne se transvase. Vous allez forcément laisser un fond de beurre dans la casserole*, c’est normal.

Le beurre qui a été transvasé, c’est le beurre pur, la matière grasse contenue dans le beurre (S’il reste des traces de particules, vous pouvez filtrer le beurre encore chaud dans un filtre à café permanent, mais ce n’est pas grave s’il en reste un peu).

Versez-le dans un bocal ou un pot en céramique fermant hermétiquement (Bocal à caoutchouc par exemple, ou pot avec un bouchon en liège bien enfoncé). Le bocal doit être de taille adaptée : pas de remplissage à moitié. Ne fermez pas avant que ce soit refroidi, afin d’éviter la condensation qui remettrait des gouttes d’eau dans le beurre. Quand il sera refroidi et aura un peu durci, vous pouvez aussi placer un rond de papier sulfurisé directement au contact de la surface. Cela évitera le contact avec l’air.

Fermez hermétiquement le bocal, placez-le dans un placard ou sur une étagère loin d’une fenêtre (pas de soleil direct), et ayez le courage de l’oublier pendant au moins 6 mois, ou jusqu’au mariage de votre fille.

Et après, vous me direz…


* Que faire avec le résidu

Le résidu  du transvasement, le petit-lait mêlé à du beurre donc, a un très bon goût. Mais on ne peut pas l’utiliser pour frire. Utilisez-le pour assaisonner quelque chose comme vous le feriez avec du beurre cru : mettez-le sur des légumes cuits vapeur, dans  des pâtes, par exemple, ou sur un risotto, sur des pommes de terre en robe des champs, dans une soupe, dans une sauce ou à l’intérieur d’un gâteau comme un cake ou un quatre-quart (ne beurrez pas le moule avec) …


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Un grand merci !

 

 


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87 commentaires sur “Pourquoi et comment fermenter le beurre”

  • J’en ai fait hier et j’ai l’impression qu’il y a un problème mais je ne vois pas ce que j’ai raté.
    – J’ai utilisé du beurre d’Isigny AOP (j’ai lu qu’il fallait du beurre de qualité).
    – A feu doux, le plus bas possible, dans une casserole hélas en téflon mais quasi neuve.
    – J’ai attendu que tout soit fondu et que l’ébullition s’arrête, or ça faisait très peu de bulles.
    – Au bout de 15-20 minutes, l’écume a commencé légèrement à brunir sur les bords, au contact de la casserole.
    – En écumant j’ai constaté l’absence totale de petit lait dans le fond de la casserole. J’ai peut-être mal vu car le fond de la casserole est noir…
    – Après avoir écumé la surface au maximum, j’ai passé le tout à la passoire fine en prenant garde de maintenir le petit lait imaginaire au fond de la casserole. Petit lait apparemment inexistant mais j’ai fait comme s’il était bien là…
    – J’ai obtenu une huile dorée très translucide, pas du tout trouble. D’aspect, ça semble parfait. Depuis elle s’est figée en une pâte jaune clair qui semble lisse et pas granuleuse.
    – Mais l’odeur !!! Comme dit dans l’article, ça sent le fromage et bien qu’amateur, là ça me rebute ! Je n’ose pas détruire de bonnes côtelettes d’agneau avec cette graisse suspecte.
    Quelqu’un sait-il si c’est normal ? Bien qu’amateur de fromage, il est possible que j’exagère un peu sur l’odeur mais vraiment je ne m’y attendais pas et maintenant je ne suis plus tellement tenté d’y gouter.
    Alors qu’est-ce que j’ai raté d’après vous ?
    Et surtout : pourquoi pas de petit lait dans le fond de ma casserole ? C’est bizarre non ?
    Merci d’avance !

    • C’est très bizarre en effet. Car après 24 heures (vous dites que vous l’avez fait hier), ça ne sent pas mauvais du tout, ça sent le beurre c’est tout. Vous avez juste fait fondre du beurre, je ne vois pas ce qui sentirait mauvais.
      Êtes-vous sûr que la casserole était propre ?

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  • Bonjour Marie-Claire,
    J’ai une question en rapport avec le beurre, mais pas tout à fait ^^.
    Je suis en train de faire des tests de beurre: j’ai accès à du lait cru fermier, je le laisse reposer pour que la crème remonte, je transvase la crème dans un bocal et je laisse « prendre » au chaud quelques heures. Je fais le beurre à partir de ça.
    Ma question est: sur 5L de lait, je récupère très peu de crème. Que puis-je faire avec le lait restant, qui est donc, selon moi, écrémé? Je voulais tenter de la ricotta, mais sans « gras » est-ce que cela va marcher? Ou bien, faire quelque chose avec du kéfir de lait?
    Merci pour votre retour! J’emprunte régulièrement votre livre qui se trouve à la médiathèque, par chance! Mais je ne l’ai actuellement pas sous la main…
    Madeleine

    • Oui, la ricotta fonctionne aussi avec du lait écrémé. D’ailleurs le vôtre, écrémé manuellement, ne l’est pas à fond. Il faut une écrémeuse pour récupérer 100 % de la crème.
      Sinon, vous pouvez tout faire avec votre lait écrémé, tous les usages du lait.

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  • Bonjour Marie-Claire,
    Je voulais faire du ghee, mais je me suis laissé distraire pendant que le beurre était en train de cuire, et il a légèrement brûlé. Peut-il tout de même fermenter ? Et si oui, cela vaut-il le coup de l’attendre, ou est-ce que le résultat ne sera pas bon ?
    Merci beaucoup pour votre site qui m’a donné envie de me lancer dans l’aventure de la fermentation !

    • Si le fond est légèrement devenu « noisette », ce n’est pas grave, et d’ailleurs ça arrive souvent. Si c’est carrément brûlé par contre ça va donner un mauvais goût.

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  • Bonjour,
    Tout d’abord un grand merci pour tous ces partages de connaissances et de savoir faire!
    J’ai lancé la fermentation de 3 pots de beurre réalisés selon la méthode enseignée sur cette page.
    À ceci près que la fonte du beurre a été faite aux alentours de 30/35 degrés max, ce qui a pris deux bonnes heures pour obtenir une belle séparation (apparente) du gras et des autres constituants. Cela risque t-il de poser problème de n’être pas monté davantage en température ? (Séparation incomplète, par exemple?)
    Aussi, je ne disposais alors que de bocaux avec couvercles « twist off ». Je les ai mis sous vide (système Bocup) et comme je déménage beaucoup et qu’il faudra patienter (très) longtemps, j’ai également mis les bocaux sous plastique sous vide au cas ou le vide du bocal ne tiendrait pas les déplacements. Mais je me pose maintenant la question suivante: l’air ne doit pas rentrer, mais les bocaux doivent-ils pouvoir évacuer l’excès de gaz produits par la fermentation? (Si celle ci en produit?) Est-ce pour cela que vous n’évoquez pas les bocaux/couvercles twist off?
    D’avance un grand merci.

    • Pas d’inquiétude, il n’y a pas de gaz produit, ou très peu. Il faut juste éviter d’air à cause de moisissures qui peuvent se produire en surface et qui peuvent donner un goût s’il y en a beaucoup.

      .

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  • J’ai vu sur le net qu’on pouvait faire le ghee au micro-onde: une fois fondu, on le laisse durcir au frigo puis on le rince. Q’en pensez-vous ?

  • Mon smen présente quelques traces de moisissures sur le dessus, alors que j’ai pris bien toutes les précautions ! 🙁
    Se pourrait-il que c’est parce que le couvercle de mon bocal Le Parfait touchait un peu le beurre ?

  • Bonjour,
    Je suis algérien , berbère des Aurès, ‘ nous avons une coutume héritier de nos ancêtres , nous conservons du beurre fermenté dans une jarre ou bien un bocal de vert on ajoutant du sel ,de l’aile et du poivre , ensuite enterré plusieurs années , nous le déterré sauf pour besoin comme remède surtout pour toux irritation du côlon, la grippe .

  • Bonjour ! Merci pour votre travail, chaque nouvel article me fait sauter de joie ! J’ai une question sur le beurre fermenté : j’ai acheté du beurre de ferme pour le fermenter mais la vendeuse s’est trompée et a mis la moitié des 500gr en beurre salé ! Savez vous si la fermentation peut fonctionner avec ce beurre salé ? Je m’en suis aperçue en faisant ma préparation donc si c’est sans danger je goûte et vous dit si ça a bon goût !

  • je suis agricultrice et je fais du beurre quand je récupere la créme qui remonte sur mes bacs de caillé pour fromage blanc ,lactique ,faisselles etc… du coup beurre au lait cru …. pas forcément bien égoutté ni rincé car je « m’amuse » à le faire avec un bocal que je secoue ;vous donnez envie à chaque fois que vous mettez une recette donc j’ai tenté le ghee ,il est oublié sur une étagére … à suivre
    un grand merci à vous :vraiment et sincérement !!. je vous suis depuis longtemps ,j’ai fait pas mal de chose (légumes,kéfir ) j’aurais adoréééé manger chez SURI…. j’éspere que vous continuerez longtemps longtemps longtemps

  • rebonjour marie-claire, je veux bien vous lire davantage au sujet du barattage de yaourt que vous évoquez, ce que c’est, la manière dont vous le pratiquez. bel après-midi.

  • Merci pour cet article très intéressant!!
    Peut-on faire du Ghee avec du beurre pasteurisé et salé?
    Jusqu’où doit-on remplir le pot?
    Que l’on fasse le ghee au déshydrateur, au sur la cuisinière, peut-on seulement le filtrer avec un Cotton ou autre filtre?

  • Bonjour Marie-Claire , de Tonton YVES à Brive , j’ai relu avec plaisir et article sur le beurre clarifié , et tous les commentaires s’y rapportant et vos réponses si pertinentes . J’ai toujours de l’avance de Ghee dans mes placards et je le cuisine toujours avec autant de bonheur et de réussite !! Pour la partie liquide qui reste dans la casserole en fin de process je place celle-ci une nuit au frigo et retire le beurre qui surnage sur le petit lait . Un peu comme on retire le gras figé au froid sur le bouillon du Pot au Feu pour en faire un bouillon maigre et mettre ensuite les perles du Japon chères à nos p’tites Grand-Mères !!!

  • Bonjour,
    C’est super intéressant, mais je ne comprend pas tout…
    Je ne comprend pas en quoi le beurre clarifié est une fermentation. Le beurre « doux » en est une ça c’est certain, mais je ne comprend pas en quoi le fait de débarrasser le beurre de toute son eau et de toutes ses protéines puis de le garder à l’abris de l’air un certain temps provoque une fermentation.
    Est-ce que ce sont les ferments qui sont présents dans le beurre qui se multiplient lentement en présence du gras pur?
    Aussi je pensais que c’était justement l’eau et les protéines qui faisaient rancir le beurre et que c’est la raison pour laquelle le beurre clarifié se conserve plus facilement sans froid.

  • Ma question n’a rien à voir avec le beurre (sauf que je découvre votre article), mais la lacto-fermentation des légumes.

    Au secours! je stockais des bocaux entamés dans un vieux frigo, et je découvre qu’il s’est transformé en congélateur : mes pickles sont pris dans un bloc de glace… Puis-je encore les conserver après congélation? Ou dois-je les manger très rapidement? Puis-je les manger crus, ou auront-ils perdu leurs vertus avec la congélation, et devrai-je uniquement les manger cuits?

    Merci de votre réponse!

  • Concernant le fond de casserole, je conseille à ceux qui ne souhaite pas de petit lait de verser le résidu dans un petit bocal en verre étroit, à mettre au réfrigérateur. Le graisse durcie se récupère ensuite facilement. On peut en plus la rincer à l’eau pour retirer toute trace de petit lait , et consommer rapidement (pour les intolérants par ex)

  • Excellent article! Quel régal que le beurre clarifié… et que son histoire, merci!
    J’avais appris d’un ami indien de monter lentement la température jusqu’à toute petite ébullition, l’eau peut ainsi s’évaporer, cela empêche toute moisissure ultérieure. Il surveillait avec un thermomètre et stoppait dès 102°C.
    Sans dépasser 40°C, votre beurre clarifié ne moisit pas?

  • Bonjour et merci pour cet article !
    Je vais régulièrement à la ferme où j’achète du beurre au lait cru. Je vais donc essayer votre recette. J’ai une cuisinière au gaz et je crains que même le plus petit feu soit trop fort pour faire fondre le beurre doucement. Ça devrait marcher au four, non? Votre article m’a rappelé que dans la cuisine de mes parents agriculteurs, on ne mettait jamais le beurre maison au frigo !

  • Merci pour cette découverte !
    L’année dernière, j’avais fait 1 bocal de guee fait maison avec du beurre cru que j’avais laissé dans le placard et que j’utilisais régulièrement (je n’avais pas laissé reposer 6 mois). J’ai dû le mettre au frigo car ça fondait avec la chaleur…
    Si on suit votre recette, le guee reste ferme ou pas avec la chaleur en été ?

  • J’avoue que quand je fais du beurre clarifié (je me suis demandé, en lisant votre article, d’où vient que tout le monde appelle ça maintenant du ghee, le nom indien, pour ce produit qui est aussi bien de chez nous) il est rare qu’il ne soit pas consommé dans les six mois, du coup le goût se transforme peu, à peine s’il est un peu plus prononcé que le jour de sa confection…

    Seulement, il vous reste maintenant à nous donner votre recette de smen, l’article évoquant les deux (smen au début, beurre clarifié et vieilli ensuite) et étant de ce fait un peu embrouillé. D’autant que c’est la saison pour le confectionner : un bon smen se fait au beurre cru de printemps…

    Je parle du smen classique, celui qu’on triture dans l’eau pour le laver, qu’on parfume au thym, qu’on sale, qu’on attend et qu’on oublie, et qui en effet acquiert assez vite un goût proche du rance sans être du rance tout à fait (au Maghreb, on considère que le goût franc de rance est un défaut du smen…). Au bout d’un an ou deux ce smen « classique » devient tellement puissant que c’est un condiment à part entière et qu’une cuillerée à café ou deux suffisent amplement à parfumer un plat, un ragoût, la semoule du couscous : ça ne risque pas qu’on s’en serve pour faire cuire des œufs au plat ou une entrecôte.

  • Bonjour,

    Merci pour cet excellent article très documenté et très vivant. Incroyable, ce beurre conservé 2000 ans (et incroyable aussi que les chercheurs l’aient goûté!).
    Mais du coup, ça m’éclaire: il y a quelques années, j’avais un contact qui faisait son beurre cru délicieux, et étant la seule à en manger à la maison (il avait dès le début un petit goût fermier), il rancissait mais je le trouvais toujours bon, même si sur les tartines du matin il finissait par être bien bien fait, quasi fromager…
    Du coup, je me dis que je vais me laisser tenter par cette recette, lors de ma prochaine période de vacances…
    Peut-on faire du beurre maison à partir de lait cru, sans tout un tas de matériel? Je suis assez peu pourvue (et pas désireuse d’en racheter, ayant réussi à désencombrer ma cuisine!). Sinon j’irai prendre du beurre cru au marché, mais il sera demi- salé (beurre de jersiaise bien jaune, miam!), cela changera-t-il quelque chose au mode opératoire?

    Encore mercis pour vos talents tant de recherche que de partage de toutes ces expériences passées et actualisées, et au plaisir de vous lire de nouveau très bientôt!
    J’ai hâte de m’y mettre!

  • Oh que votre article est intéressant et instructif. Merci énormément, vous êtes merveilleuse. Ah que j’aimerais vous voir au Québec!

  • Bonjour Marie-Claire, merci pour toutes les informations que vous partagez. Une question : n’aimant pas le goût du beurre rance (mais je me dis que cela dépend certainement aussi de la qualité du beurre….) serait-ce possible de « parfumer » le beurre à un moment de la préparation avec de l’ail ( j’adore l’ail) ? (en laissant de l’ail écrasé dans le beurre liquide lors du refroidissement puis en filtrant après peut être ?).

  • Bonjour Marie-Claire et merci pour ces informations,
    Cela me rappelle ma grand-mère qui allait à la ferme chercher sa motte de beurre salé (nous sommes bretons).
    Une grosse motte, qui pleurait parfois de l’eau avec des grains de sel. bien visibles. Hélas,
    elle ne mettait pas ce beurre au frais et, il finissait par avoir un goût de rance, mais cela ne la dérangeait pas . Dans cette étude archéologique, je me demande si ils connaissent la race de vaches à l’origine du beurre. J’ai appris que l’on pouvait fabriquer son beurre à partir de yaourt, Pour moi c’est une surprise. Je fabrique parfois mon beurre à partir de crème fermière, via le beurrier breton. Je vais tenter le beurre clarifié selon votre méthode à partir de mon beurre maison. Merci, bien cordialement, Véronique

    • Les gens civilisés, comme je le dis dans l’article, ne sont pas dérangés par le goût du beurre vieilli 😉. Je ne pense pas que la race des vaches ayant donné le beurre de tourbière ait été étudiée à cette occasion… Mais il est fort vraisemblable que ce soient les descendantes des vaches de races celtiques amenées en Irlande au néolithique. lire cet article
      a partir du yaourt, je vous préviens que le rendement est très médiocre. (Pour 1 litre de yaourt, vous obtenez moins de 100 g de beurre). Mais par contre vous obtenez un babeurre (appelé aussi lait ribot) qui est une merveille gustative.


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      • Bonjour,
        Oui le lait ribot, c’est très breton. Le seul lait que j’arrive à boire. Que de souvenirs avec les galettes trempés dans le lait ribot. Les crêperies les proposaient à la cartes autrefois. On mettait à disposition un grand bol de lait ribot dans lequel on trempait des galettes sèches. Quel régal. Et tant d’autres recettes. Bonne journée,

  • Bonjour et encore et toujours merci.
    Et après les 6 mois ou le mariage de la fille, c’est au frigo ou bien ?

  • Merci Marie Claire, c’est article m’a beaucoup plu. Et les photos aussi. La partie concernant le bog butter est plutôt douce amer étant donné que les pauvres paysans irlandais mourraient de faim à cause de la maladie de la pomme de terre ( entre autres) et n’auraient pas eu le plaisir de manger une pomme de terre chaude dégoulinant de bog butter. Toute une histoire, eh !

  • Article très intéressant.
    Deux questions :
    . Est ce qu’il doit yy avoir un petit pschittt comme les autres fermentations auu bout de quelques jours ?
    . Une fois le pot ouvert, on peut continuer à le garder longtemps ?
    Mërci !

  • Merci pour votre travail.
    Je voudrais partager avec vous mon astuce qui consiste à faire fondre le beurre au déshydrateur dans un bol en verre avant de le filtrer et de le conserver hors du frigo.

  • Bonjour Marie-Claire, Chez nous, au Québec, il est malheureusement impossible de se procurer du beurre cru, à moins d’avoir nos propres vaches.
    Est-ce possible de le faire avec du beurre bio mais pas cru?
    Nous faisons notre ghee depuis plusieurs années avec du beurre d’épicerie et le goût est merveilleux. Nous le conservons 2 à 3 mois sur les tablettes sans problèmes. J’y trouve personnellement un goût de noisette.
    Est-ce qu’on a simplement à attendre plus longtemps avant de le consommer?
    Merci pour toutes l’information.

  • Bonjour Marie-Claire, merci pour ces informations.
    Que pensez-vous des bocaux de ghee que l’on trouve dans le commerce?
    Je ne vais pas trouver de beurre cru où j’habite, ici tout est pasteurisé. Puis-je faire le ghee avec du beurre industriel?
    Bien à vous

  • Bonjour et merci pour cet article très intéressant !
    Je fais mon ghee depuis longtemps déjà mais n’avait jamais pensé à le laisser fermenter. Je vais essayer !!
    En revanche je le fais avec du beurre stérilisé assez insipide, car le beurre cru n’existe pas dans mon pays de résidence… Est ce que c’est un obstacle à la fermentation du ghee ?
    Merci !

  • J’ai d’abord fait un peu la grimace devant le beurre rance mais j’ai été séduite par votre récit. Je vais souvent en Irlande et je vais aller à la recherche de ce Bog butter. Merci pour toutes ces infos utiles et passionnantes.

  • Un régal de lecture cet article ! Merci, vous nous faites voyager dans l’espace, dans le temps, vous nous faites rire, vous nous instruisez… merci.

  • Article passionnant. Merci Marie-Claire.
    J’utilise du beurre Gaborit pour préparer le mien avec contrôle de la température en permanence.

  • Vous éveiller ma passion et depuis votre livre ni cru ni cuit et ceux pour les recettes. Tous…
    Et surtout celui sur le miel…
    Que du bonheur…
    Vous êtes venue à Lille sans que je puisse vous voir…mais je garde espoir…
    Portez-vous bien Marie Claire..
    Vous êtes un cadeau du ciel
    Geneviève gwen

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